Une légère brise me caressait le visage, atténuant la chaleur de juillet. J'étais assise, je me trouvais là, seule, face à moi même.
Cet arbre que je contemplais depuis un bon moment évoquait en moi un sentiment de finitude profonde.
Il me ressemblait tellement...voulant mourir, mais n'y arrivant pas, obligé de continuer, survivre.
Les corbeaux, ces oiseaux de mort maudits, mais pourtant si beaux, le tiraillaient sans cesse, comme la mort me tentait à chaque instant.
Le ciel clair, que je pouvais percevoir derrière, et les odeurs de l'après-pluie me remémoraient les instants passés, toujours solitaire, dans ma tendre enfance. Mais ces souvenirs qui me plongeaient dans une si grande rêverie, laissaient toujours place à une mélancolie pronfonde, et les sons de la nature qui m'entourait étaient en parfaite osmose avec moi ; chaque petit craquement, chaque chant d'oiseau, chaque bruit de feuilles que je percevais, évoquait en moi un trouble si agréable que je ne pourrais expliquer.
A certains instants, l'arbre semblait frémir, comme si mon esprit torturé atteignait ses ramures sinueuses.
Finalement, je restais là à contempler jusqu'à l'obscurité cet arbre, comme si je me regardais dans un miroir.