Un texte un peu long sans doute...ecrit en 1h45 ...( pas montre en main mais c'est une indication ) d'une traite :
Ca n'est pas forcement de tres bon goût...Alors je previens.
Hum avant de lire peut etre, un dessin qui peut avoir un rapport :
Ne me laisse pas seul avec moi meme_______________________________________
Prayer_______________________________________
Seul.C’est seul que je suis rentré ici, et, c’est seul que je resterai.
La nuit, le froid lui fait claquer les dents, il m’agace, et, ajouté à cela, le bruit lancinant de l’eau s’écoulant, toute proche, sur la roche, m’empêche de trouver le sommeil.
Cette douce quiétude qui me ferait oublier les images que j’ai, que je garde prisonnières de mon esprit malade ! Si je ne dors pas, je les vois ; si je ne dors pas, je perds la raison.
Des jours, des semaines peut-être, que je croupis dans cette tombe, je n’en peux plus, je dois trouver le repos.
« Arrête de trembler espèce de larve ! Je sais que tu es là ! Tout proche ! Je sens ta présence, respire ton souffle … »
Tu ne veux pas me laisser tranquille ?
Tes frissons me glacent ! Me tétanisent !
Bien, j’ai compris…
Sans les dents que je lui ôte, les faisant sauter une à une sous de furieux coups de brique, il ne me gênera plus.
« Arrête de chialer ! Ca ne t’empêchera en rien de bouffer cette merde liquide qu’ils nous refilent ! …T’avais une belle gueule ?!...De toute manière, ici, dans l’obscurité, ça ne te sert a rien ! Et, même si j’en avais envie, ça ne serait pas avec ta tronche que je m’amuserais, connard. »
Voila que ce sont maintenant ses sanglots qui viennent agresser mes oreilles. Je le sens, rampant, mais insurgé, je sens moi-même ce sale goût ferreux dans ma gorge ! Ce con doit beaucoup saigner…
Il prie.
« Putain mais ta gueule ! »
Ses psalmodies résonnent dans mon crâne
–« Je vous salue Marie pleine de grâce- Seigneur, que votre règne arrive- Que votre volonté soit faite sur terre comme au ciel- Que votre règne arrive- Pardonnez à ceux qui vous ont offensé- Seigneur- Délivrez moi du mal »-
Mais quel abruti, il veut que je lui arrache la langue ?! Je me roule en boule dans un coin, on peut toujours essayer ;
-« Seigneur »-
Je…
-« Délivrez nous du mal »-
Dors…
Calme.Je suis dans une prairie, plus de pierre glaciale, plus d’humidité, ni de rats, ni cette odeur de mort et d’excréments.
Le Soleil caresse mon corps de sa douce chaleur, je n’ai rien à perdre ici, tout à gagner.
Au loin, une maison isolée dans la vaste étendue verdoyante. Je la rejoins d’un pas, et, m’approchant de la fenêtre entrouverte qui focalise toute mon attention, entends des rires provenant de l’intérieur.
Je suis englouti par l’ouverture.
On est le soir, le feu crépite dans la cheminée et sur la table délicatement ordonnée trônent des plats d’argent aux contenus aussi divers qu’alléchants.
Je vois avant toute chose mes mains, si propres, si… juvéniles, puis, une vois m’interpelle.
« Tu as faim ? »
Il s’agit là d’une petite fille, de 12 ans à peine, habillée comme une poupée, d’une robe blanche et bleue, un léger ruban rose noué dans ses boucles blondes.
« Oui, merci… »
Que dire d’autre ? … Je ne sais que faire, tout cela m’est étranger, je ne sais pas, je ne sais plus. Que faut-il faire ? Que doit-on faire ?
La tête baissée je regarde mon assiette vide.
Le malaise grandit, je sais qu’elle m’observe, elle me regarde de ses grands yeux ronds ! Elle sait ce qu’il faut faire, elle ! Elle sait ce que je vais faire, elle sait ce que j’ai déjà fait…
Je suffoque. Transpire à grosses gouttes tandis qu’à ma droite le foyer bienveillant s’est changé en brasier menaçant.
Lors de mes folies passagères, brûlent en moi les flammes de l’Enfer…
Petit fille, arrête. Je t’en supplie, va-t-en …Par pitié, ne t’offre pas …Ne sois pas si cruelle !
Rien à faire, la tension monte toujours et j’entends le feu hurler, ce feu qui embrase mon âme ! Je suis normal ! Laisse moi !
Le visage salé, baigné de larmes, figé dans un rictus de terreur, je consens à risquer une œillade en direction de ma proie, de mon bourreau ?
« Tu vas bien monsieur ? »
Tout va bien…
je suis normal, oui je suis normal, rien, pas une pulsion, non, il ne s’est rien passé !
Rouge.Mes mains, que se passe-t-il ?
Tout a changé. Le monde s’écroule. Je suis souillé de son sang, et son petit corps, encore agité d’une vie fuyante, implore de ses spasmes un coup de grâce refusé.
Lui, les yeux avides, édenté, au visage tuméfié, hurle comme un dément. Le Prayer m’a suivi jusqu’ici depuis la cellule.
La table bascule, et je suis, dans le mouvement, projeté près de l’âtre tiède sous une fine pluie purpurine.
L’abjecte scène.
Mon cauchemar commence, lui jubile.
Il est là, juché sur le frêle amas de chair dénudé, lui arrachant des lambeaux de vie de ses mâchoires décharnée, tandis qu’en elle, il creuse un sillon de honte et d’irréparable.
Ma gorge me brûle et je vomis.
Lui, avant si faible, subissant mes coups comme on subit l’orage, le voila devenu l’acteur de mes plus viscérales peurs, de mes plus sombres pensées.
Il poursuit inlassablement son ouvrage, je peux, avec précision, observer le moindre de ses actes ; impuissant.
Le visage angélique est peu à peu nettoyé de sa chair, au rythme saccadé des hurlements du démon qui couvrent, heureusement, les suppliques déchirantes de la poupée, devenue chiffon.
Je rampe… Mes jambes se sont enfuies devant le spectacle.
« Arrête ! Qu’est ce que tu fous ?! Mais arrête bordel ! Ta gueule ! Ta gueule ! »
Rien à faire, il fait craquer les os, comme craquent les planches éparses sur lesquelles il achève une vie.
Je m’approche toujours, et dans ce tableau surréaliste, tout me semble tourbillonner.
Je crois qu’enfin elle a réussi à se laisser aller, elle ne bouge plus. Ne crie plus. Ne respire plus.
Je ne peux plus rien faire. De toute manière, il n’y a plus rien à faire… Je suis lâche, faible…
Pitoyable, prostré en position fœtale, au coté d’une chose rouge et chair, aux reflets dorés.
Blanc.Il se retire d’elle, et ricane en se plaçant au dessus de moi, arborant sa nudité pendante, satisfaite.
« Ordure ! Enfoiré ! Pourquoi a-t-il fallu que tu me suives jusqu’ici ? Pourquoi ? T’es qui pour te permettre ça connard ? Je vais te tuer …
J’vais te défoncer la gueule !
… J’vais te tuer ! …
…Te tuer …
Tu vas crever comme la merde que tu es …
J’vais te tuer… »
Trouble.Noir, à nouveau.
Je suis dans ma sombre demeure. Dans ce putain de monde « réel », avec ce putain d’enfoiré de merde… Ce putain d’enfoiré de merde dont les prières me hantent l’esprit …
-« Seigneur – Pardonnez à ceux qui nous ont offensé »-
Ce mec qui ne parle jamais ! Ce monstre qui vient détruire mes rêves, mon espoir de fuite. Il est encore là, et ce pleutre n’a rien tenté durant mon sommeil.
« T’es une larve mec ! …Une larve ! Tu ne veux toujours pas me répondre ? Je sais que tu es là connard, je te sens ! »
Toujours ce putain de goût de sang dans la bouche.
« T’aimes ça connard ! Avoue que t’aimes que je te défonce la gueule ! J’vais te ruiner, j’en ai déjà détruit des belles gueules ! »
Toujours ce satané silence, alors j’avance a tâtons en palpant d’une main fiévreuse le roc dur. Je touche quelque chose de chaud, de palpitant.
« Salut toi… »
J’agrippe ce qui me semble être une touffe de cheveux gras…
« Je ne suis pas fou !... Mais toi tu vas crever connard ! »
Prenant mon élan de tout mon corps, je rabats son visage sur la paroi la plus proche.
Il éclate, et je suis soudain moucheté de poussière collant au fluide visqueux qui maintenant me macule.
Je recommence, et sa gueule craque, encore, encore et encore.
Putain de goût de sang dans la gorge.
Sa respiration devient peu à peu haletante, au fil du martèlement cadencé que j’impose à sa boite crânienne. Il râle, se noyant dans son sang, et sa chair réduite en bouillie…
Ses gargouillis, presque inaudibles, s’articulent malgré tout, et me pétrifient :
-« Pardonnez à ceux qui nous ont dévastés – Seigneur – Que votre nom soit sanctifié – Seigneur… »-
Trop !
Je frappe avec une fureur renouvelée, je frappe encore…
Putain de goût de sang…
Je frappe …
« Mais ta gueule ! Arrête avec ça ! Tu me pourris l’esprit ! Ta gueule ! »
…
-Noir-Peu à peu, je reprends conscience. Je souffre. Putain de mal de crâne. Ma tête en miettes. J’ai mal.
La porte du cachot s’ouvre : « C’est l’heure. Tu sors. »
C’est aujourd’hui que je meurs.
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Vous aurez remarqué quelques references

Voila,
Sorry Daddy.